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Quand
Saint Vincent tourne
Dans
chaque village et généralement depuis un siècle
au moins, la fête locale de Saint-Vincent donne l'occasion
de "sortir le Saint", c'est-à-dire sa statue.
Celle-ci tourne : chaque année, une famille différente
l'accueille pour 12 mois et elle est particulièrement
à l'honneur dans ce foyer. C'est cette famille qui
accueille dans sa cuverie l'ensemble des vignerons du village.
En 1934 à Nuits-Saint-Georges, la Confrérie
des Chevaliers du Tastevin a imaginé une Saint-Vincent
tournante du vignoble bourguignon. Selon le même principe,
la Saint-Vincent tournerait désormais chaque année
de village en village.
Quand tourne la fête
!
Grand aumônier du Tastevin et curé de Vosne-Romanée,
le chanoine Edouard Krau prêcha la première Saint-Vincent
tournante, le 22 janvier 1938 à Chambolle-Musigny.
Puis la seconde en 1939, à Vosne-Romanée.
"Depuis quand et de quel droit défendrait-on à
un curé de prêcher pour son Saint et de travailler
ainsi à la Vigne du Seigneur ?" se demandait-il
en chaire.
Le rideau de la guerre tomba sur cet élan. Il fallut
attendre le 22 janvier 1947 pour voir renaître la Saint-Vincent
tournante à Gevrey-Chambertin. Elle est désormais
... inamovible.
Organisée le dernier samedi de janvier, s'éloignant
parfois des deux Côtes de Nuits et de Beaune pour resserrer
les liens du vignoble bourguignon (les Hautes-Côtes,
Chablis, Mercurey ou Rully), la Saint-Vincent tournante a
dépassé les espoirs de ses inventeurs. Attirant
un long week-end des dizaines de milliers de visiteurs, elle
constitue l'une des grandes dates du calendrier touristique
de la Bourgogne.
Saint Vincent était-il bourguignon ?
Non! Diacre placé sous l'autorité de l'évêque
Valère, Saint-Vincent de Saragosse a subi le martyre
au début du IVème siècle.
Le culte de Saint-Vincent s'est répandu dans tout l'Occident
dès la seconde moitié du IVème siècle.
Au Vème siècle, sa fête est déjà
située le 22 janvier. Il est choisi comme saint patron
par les marins d'Espagne et du Portugal, par les bûcherons
des Alpes autrichiennes, par des tuiliers et des couvreurs.
A partir du XVIème siècle, Saint Vincent devient
le patron de nombreuses confréries de vignerons dans
toute la France. Pourquoi ? Grand prédicateur, il prêchait
à la place de son évêque et selon le récit
de son martyre,il aurait été écrasé
dans un pressoir.
La Saint-Vincent tournante quant à elle a toujours
lieu le dernier
week-end de janvier.
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Qu'est-ce
qu'une
confrérie de
Saint-Vincent ?
Des
confréries souvent placées sous le patronage
de Saint-Vincent ont été créées
dans presque toutes les communes viticoles de Bourgogne
durant la seconde moitié du siècle dernier.
Ancêtres de la sécurité sociale,
il s'agit de Sociétés de Secours Mutuel,
destinées à venir en aide au vigneron
qui, par accident ou maladie, se trouve empêché
de "faire ses vignes". Selon un règlement
très minutieux, ses confrères entretiennent
à sa place son vignoble. Certaines Sociétés
de Saint-Vincent étaient religieuses et d'autres,
même sous ce vocable, laïques. Parfois, les
deux coexistaient dans un même village.De nos
jours, bon nombre de ces Sociétés restent
vivantes et actives, dont celle de Meursault.
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